Notre écosystème

Les AMAPs : quel sol les nourrit ?

Le mouvement des AMAPs est né dans les années 2000, poussé en France par Denise et Daniel Vuillon qui avait en tête l’exemple des Community-Supported Agriculture anglo-saxonnes et l’exemple des jardins de Cocagne démarrés quelques années plus tôt. Mais ce mouvement amapien ne serait pas apparu sans un terreau extrêmement riche, inventif, maillé, qui fait naitre une multitude d’initiatives très diverses. Toutes ces initiatives partagent une attention, un respect profond du vivant sous toutes ses formes, humaines, animales, végétales, et de son tissage complexe.

Cette attention au vivant se porte, dans le domaine humain, sur des productions éthiques, c’est à dire protectrices des producteurs, créatrices d’emploi et de lien social.  Sur une alimentation saine, moins industrielle, plus locale et de saison, libérée des pesticides qui menacent à la fois notre santé, mais aussi toute la biodiversité.

Cette attention au vivant autre qu’humain a fait prendre conscience que notre survie en temps qu’espèce (arrivée très tardivement sur notre planète) dépend de la survie du monde, végétal et animal qui nous a fait naitre. Elle se traduit par un respect accru envers les animaux qui nous nourrissent. Par une conscience de ce qui, dans nos pratiques, notre alimentation, abime le vivant dont notre survie dépend : vie des sols, survie des pollinisateurs …

Cette page vise à replacer notre mouvement amapien dans son écosystème, c’est à dire dans tout un monde d’initiatives qui sont nées du même terreau.

  La galaxie amapienne

Le mouvement français des amaps n’est pas né de rien, beaucoup de mouvements semblables existent et souvent l’ont précédé dans le monde. Quoiqu’il en soit, il a été très fécond :  la première AMAP, l’Olivade à Ollioules est créée sous l’impulsion de Denise et Daniel Vuillon en 2001, et à leur suite, ce sont plusieurs centaines de fermes et de communautés d’amapiens qui se sont créées sur ce modèle. Le mouvement lui-même s’est structuré, s’est fait reconnaitre des pouvoirs publics. Il a sa charte, ses fédérations régionales, ses évènements, ses annuaires.

Le MIRAMAP, Mouvement Inter-Régional des AMAPs fédère les fédérations d’AMAP régionales. C’est le MIRAMAP qui est aujourd’hui détenteur  de la marque AMAP, initalement déposée à l’INPI par les Vuillons avec Alliance Provence. C’est également MIRAMAP qui a coordonné la rédaction de la dernière version de la charte des AMAPs dont le respect conditionne l’usage de la marque (cf wikipedia). Le MIRAMAP a également édité une jolie BD de sensibilisation : “AMAPIEN.NE, Pourquoi pas moi ?”

Localement, notre association entretient des relations constantes avec le réseau AMAP Ile de France, ainsi qu’avec CREAMAP le centre de ressource pour essaimage qu’anime le couple Vuillon qui a été très aidant lors de la création de nos premières fermes. Vos cotisations contribuent aussi à financer des deux associations qui oeuvrent pour la pérennisation du mouvement.

Citons également

MIRAMAP

Mouvement Inter-Régional des AMAPs

MIRAMAP

La charte des AMAPs

Pratiques culturales

Maraichage
sur sol vivant

Permaculture

Ferme biologique du Bec Hellouin

C’est un jardin, extraordinaire …

Il existe peu de mots aussi chargés que celui de jardin : il charrie à la fois le mythe originel du jardin d’Éden aussi bien que l’imaginaire de Charles Trenet et de sa douce Artémise. Il prend des formes d’une incroyable diversité, du classique jardin potager de nos grands parents, aux jardins ouvriers puis familiaux, jardins partagés ou participatifs, ou collectifs, ou permacoles, ou créoles, ou d’insertion, ou un peu tout à la fois, … le “jardin dans tous ses états” pour reprendre le nom du réseau qui fédère les jardins partagés. Il a ses associations, ses réseaux, ses fêtes, ses bourses d’échange. Il peut aussi s’élever dans la canopée en devenant jardin forêt comme on peut le voir à Chamarande.

Les jardiniers partagent la même attention au vivant : de la tomate au ver de terre, de la mésange à la limace (qu’ils apprécient généralement assez peu). Leurs jardins sont les hauts lieux, modestes, de la sociabilité entre humains en non humains.

Ces jardins existent, discrètement, tout près de nous, et il s’en crée sans cesse de nouveaux. Vous trouverez ci-contre les liens pour les visiter – d’abord leur page, puis pourquoi ne pas y aller vraiment ? – le jardin du 50 à Longpont sur Orge, son grand frère de Saint Michel sur Orge (Coccinelles, abeilles et compagnie), le potager de Graines de bonheur à Montlhéry, bien sûr les potagers de Marcoussis qui sont aussi un chantier d’insertion, et tant d’autres.

Longpont sur Orge

Jardin du 50

Saint Michel sur Orge

Jardin partagé – Coccinelles, abeilles et compagnie

Chamarande

Forêts jardin
ou jardin comestible

Fermelt

Les jardins de la Madeleine

Raviver les braises du vivant

L’auteur de cette formule est le philosophe Baptiste Morizot, c’est aussi le titre de l’un de ses livres récents. Selon lui, le vivant  (la nature) n’est pas un patrimoine, une cathédrale à “sauver” ou préserver, mais plutôt un feu dont il faut raviver les braises. Raviver ses braises et le laisser déployer sa puissance : c’est le sens d’une approche nouvelle qui consiste a recréer, par des achats de terrains, des “foyers de libre évolution”. Dans ces réserves naturelles d’un nouveau type, aucune exploitation, aucun aménagement de l’espace, si ce n’est d’éliminer les entraves au déploiement de la vie et de son maillage. Ces lieux, même de taille réduite, sont des puits de biodiversité et de résilience qui ruissellent sur les zones environnantes et seront autant de points d’appui pour la transition climatique à opérer.

Une autre façon de raviver les braises : les micro-forêts, selon une méthode mise au point par un botaniste japonais, Akira Miyawaki, dans les années 70. Les micro-forêts implantées sur de petits espaces éventuellement urbains, 100 à 3000 m², une plantation dense d’une trentaine d’espèces locales. Le résultat est une explosion de biodiversité qui se réinstalle dans un temps bien plus court que dans une forêt traditionnelle. La petite société Bloomforest mène 4 projets de ce type à Paris.

Et puis laissons la parole à Claude Bourguignon, un spécialiste de la  microbiologie des sols et de leur régénération. Interview.

ASPAS

Foyers de libre évolution

et réserves de vie sauvage

Paris

Boomforest

Micro-forêts de Miyawaki

Achats éthiques

Si nous n’adhérons pas aux choix de la centrale d’achat du super-marché du coin, pas assez bio, pas assez locaux, pas assez équitables, pourquoi ne pas s’en occuper nous même ? C’est un raisonnement qui commence à se mettre en pratique, avec l’exemple précurseur de la louve à Paris. Depuis quelques années les super-marchés “coopératifs” se créent un peu partout en France. Et tout près de nous, le réseau des EPI (Etablissement à Participation Intégrale), initié à Chateaufort, et auquel se rattache l’EPI du Val d’Orge créé par deux de nos adhérents.

Bien sûr, il existe d’autres approches,  comme tenter d’influer sur les choix de la grande distribution et de leurs centrales d’achat, ou créer et promouvoir des labels : les approches se complètent.

EPI du Val d’Orge

Paris

Supermarché coopératif et participatif

La louve

Récupérer, réparer, recycler, ré-utiliser …

Le vivant, tissu complexe dont nous sommes issus, ne connait pas le déchet. Ou pour le dire autrement, le déchet de l’un devient toujours la nourriture de l’autre. Cette loi du vivant ne s’applique malheureusement plus à notre espèce, qui depuis peu, s’est mise à produire de façon massive plus de déchets que la planète ne pouvait en absorber. Le mouvement émergeant des recycleries, des repair-café, et autres initiatives du même type, tentent d’inverser cette tendance et de revenir aux fondamentaux du vivant : l’économie circulaire.

Là encore, beaucoup d’initiatives autour de nous. D’Emmaus qui a développé cette pratique depuis fort longtemps à des initiatives plus récentes comme celle d’aux clés du jardin, atelier d’insertion et de réparation d’outils de jardin, installée à Brétigny sur Orge.

Archipossible est une coopérative qui organise des sorties inspirantes autour de l’autoconstruction et de l’art, des stages pour utiliser des matériaux biosourcés (terre, chaux, chanvre local …) en rénovation ou en construction avec la présence de pros si nécessaire et même une aide à la conception de jardins naturels avec une paysagiste. Le site de l’association présente une très utile carte annuaire (voir ci-contre).

L’attribut abrite dans ses locaux à Ris Orangis une ressourcerie, une boutique de vêtements d’occasion et un atelier de réparation de vélo, un café associatif… entre autres. Diminuer son impact sur la planète par la réparation, le réemploi et promouvoir le zéro-déchet sont  au coeur de son projet. Le tout à tous petits prix ou à prix libres pour que l’argent ne soit jamais un problème.

Citons aussi la boutique solidaire O’ petit dressing de Longpont sur Orge qui “propose des vêtements neufs et d’occasion d’excellente qualité pour offrir à tous la possibilité de se vêtir sans se ruiner !”, ainsi que la recyclerie sportive à Massy, chère au coeur d’amapiens cyclistes qui se reconnaitront.